La vigilance de la communauté internationale est nécessaire

34ème session du Conseil des droits de l’Homme

Dialogue interactif avec la Rapporteure spéciale sur la situation des droits de l’Homme en Birmanie

Intervention de la France - 13 mars 2017

La version prononcée fait foi.

Monsieur le Président,

Madame la Rapporteure spéciale,

La France s’associe à la déclaration de l’Union européenne.

Je tiens d’abord à vous remercier, Madame la Rapporteure, pour la présentation de votre cinquième rapport sur la situation des droits de l’Homme en Birmanie, qui fait suite à une visite qui vous aura permis de vous rendre notamment dans les Etats de l’Arakan et du Kachin.

La France réitère sa profonde préoccupation sur la situation des droits de l’Homme en Birmanie, en particulier les persécutions inacceptables subies par les personnes appartenant à la minorité Rohingya depuis octobre. La vigilance de la communauté internationale est nécessaire. Le rapport du haut-commissariat aux droits de l’Homme du 3 février 2017 est accablant et évoque de « très probables crimes contre l’humanité » et des éléments constitutifs d’un « nettoyage ethnique ». Ces violences systématiques ont poussé quelque cent mille personnes à fuir.

Les exactions attribuées à l’armée – meurtres, viols, incendies systématiques de villages – doivent cesser durablement et la France appelle la Birmanie à autoriser une enquête indépendante pour faire toute la lumière sur ces violences. Les responsables de ces exactions devront répondre de leurs actes devant la justice.

La France est également très préoccupée par les déplacements de populations à la frontière chinoise (Etats Shan et Kachin) dus aux violents combats entre les guérillas ethniques et l’armée qui ont repris fin 2016 et font peser des menaces sérieuses sur le processus de paix.

Enfin, si des avancées ont été observées, notamment la libération de près de 300 prisonniers politiques et l’abolition des lois les plus liberticides, d’importants défis demeurent. La France partage votre préoccupation, Mme la Rapporteure, sur les quatre lois relatives à la protection de la race et de la religion, adoptées en 2015 et qui continuent d’être appliquées.

L’action des Nations Unies auprès de la Birmanie est essentielle et nous souhaitons rappeler l’importance de l’établissement d’un Bureau du Haut-Commissariat à Rangoun pour accompagner la Birmanie dans la transition.

À cet égard, Madame la Rapporteure spéciale, permettez-moi de vous interroger sur votre perception de la situation : comment envisagez-vous l’établissement d’une enquête indépendante sur les violations qui sont commises dans l’Arakan ?

publié le 14/03/2017

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