Comité exécutif du HCR - Débat général

Intervention de M. Nicolas NIEMTCHINOW,
Ambassadeur, Représentant permanent de la France auprès de l’Office des Nations Unies et des Organisations Internationales en Suisse.

Merci Monsieur le Président.

La France s’associe à la déclaration de l’Union européenne.
Monsieur le Haut-Commissaire, je souhaite tout d’abord saluer le travail remarquable que vous effectuez à la tête de l’organisation. Votre engagement personnel pour la cause des réfugiés et des déplacés ainsi que votre leadership pour mobiliser la communauté internationale, y compris sur les crises « oubliées » sont très appréciés, à un moment où nous nous efforçons d’encourager nos partenaires à s’engager en République centrafricaine.
Nous vivons un contexte de crises sans précédent, celles-ci se multipliant les unes après les autres. Après la Syrie, la RCA, le Soudan du Sud, nous assistons à de nouvelles crises, en Irak, en Ukraine, qui ont de graves conséquences humanitaires et causent de nouveaux déplacements de population.
Nous avons conscience que, face à cette explosion des besoins, les agences humanitaires arrivent au bout de leurs capacités. Il est temps d’initier une véritable réflexion sur le dispositif de réponse humanitaire, notamment dans la perspective du Sommet humanitaire mondial.
Je souhaiterais insister aujourd’hui sur trois points :

1. l’accès humanitaire est au cœur de nos préoccupations : la préservation de l’espace humanitaire est une question de volonté politique. Il est de la responsabilité des Etats de garantir l’accès rapide, libre et sans entraves des acteurs humanitaires aux populations ; je pense évidemment à la Syrie et à la mise en œuvre de la résolution 2165.

2. la protection, qui est au cœur du mandat du HCR, se heurte à des défis considérables  : Dans un contexte où les femmes et les enfants sont souvent les premières victimes des crises, la prévention des violences fondées sur le genre doit constituer une priorité.

En outre, le HCR doit mettre l’accent sur l’éducation primaire et secondaire pour tous les enfants, en lien étroit avec d’autres partenaires comme l’Unicef. On le sait, la moitié des réfugiés sont des enfants, et il y a urgence à agir afin d’éviter que des générations entières ne soient « perdues ».

Enfin, de plus en plus de réfugiés vivent hors des camps et je souhaiterais insister sur la nécessité de leur accorder une réponse adaptée.

3. Trouver de nouveaux moyens financiers. Permettez-moi d’être très direct et franc : jusqu’à présent, ce sont toujours les mêmes contributeurs, appelés contributeurs traditionnels, qui apportent les moyens financiers aux agences humanitaires. Ces contributeurs traditionnels n’ont plus les moyens budgétaires de faire davantage. Il faut donc que d’autres pays, qui disposent de moyens financiers émergents prennent à leur tour leur part du fardeau. Je lance ici un appel à cet effet à d’autres donateurs. Je saisis cette occasion pour rendre hommage à la généreuse contribution du Koweït.
En complément, mais en complément seulement, nous pouvons rechercher des financements innovants auprès du secteur privé. Nous nous félicitons des initiatives du HCR pour mobiliser des partenaires non traditionnels et développer des partenariats avec le secteur privé, notamment à travers son unité « Innovation ». Nous nous efforçons de mobiliser les entreprises françaises pour qu’elles apportent leur soutien et leur expertise aux agences humanitaires.
En outre, une coordination étroite avec les autres partenaires, comme l’a bien dit le Haut-Commissaire ne doit pas être une fin mais un moyen. Celui d’assurer une meilleure efficacité et lisibilité de leur action, ce qui est essentiel pour les donateurs. A cet égard, nous nous félicitons que le partenariat avec le PAM ait été renforcé et qu’un dialogue plus étroit ait été établi avec le BCAH.
De plus, il est nécessaire de trouver les moyens et mécanismes pour associer les acteurs du développement plus tôt dans la réponse aux crises, afin de promouvoir dès que possible des actions permettant de stabiliser le pays. Je pense notamment au Mali, où le retour des déplacés qui est intervenu plus tôt que prévu, a montré la nécessité de créer rapidement les conditions favorables à ces retours. Je pense également aux pays voisins de la Syrie où des actions en faveur des Etats hôtes est essentielle pour leur stabilité.

Enfin, Monsieur le Haut-Commissaire, la France est convaincue, comme vous, de la nécessité de tout mettre en œuvre pour prévenir les crises. Nous y travaillons à travers différentes initiatives dont celle visant à un encadrement volontaire et collectif du recours au veto au CSNU.

Permettez-moi enfin de conclure en renouvelant le plein soutien de la France à l’action du Haut-Commissariat, que nous continuerons évidemment à appuyer dans l’accomplissement de son mandat.

Je vous remercie.

publié le 06/10/2014

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