HCR - ExCom66 – Débat général – Intervention de la France.

Retrouvez l’intervention du Représentant permanent de la France à l’occasion du débat général prononcé lors de la 66e session du Comité Exécutif du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.

Le Comité Exécutif du Haut Commissariat pour les réfugiés se réunit pour sa 66ème session du 5 au 9 octobre à Genève.

Le comité exécutif est l’organe directeur du HCR qui réunit chaque année les Etats membres de l’organisation ainsi que les Etats observateurs. Il examine les besoins financiers du HCR pour l’année à venir et approuve le budget-programme. Il adopte également des décisions d’ordre administratif, financier et procédural. Enfin, le Comité exécutif peut adopter des conclusions sur la protection internationale.
Retrouvez l’intervention du Représentant permanent de la France prononcée à l’occasion du débat général avec le Haut Commissaire, M. Antonio Guterres.

66ème Comité exécutif du HCR (5-9 octobre 2015)
DEBAT GENERAL

Intervention de la France


Monsieur le Président,

La France s’associe à la déclaration de l’Union européenne.

Monsieur le Haut-Commissaire,

Je souhaite tout d’abord vous exprimer la reconnaissance de la France pour votre action résolution et votre engagement sans faille le travail que vous accomplissez à la tête du HCRHaut-Commissariat pour les réfugiés, en des temps particulièrement difficiles. Vous n’avez pas simplement dirigé le HCR, vous l’avez transformé.
La France voudrait, à travers vous, souhaite aussi renouveler, ici, son soutien à tousrendre hommage à l’activité dles personnels du Haut-Commissariat pour les Réfugiés, partout où ils se trouvent.

Monsieur le Haut-Commissaire,

Vous avez souligné que nous étions confrontés aujourd’hui Nous faisons face aujourd’hui à une crise d’ampleur historique en matière de flux migratoires : près de 60 millions de personnes sont déracinées dans le monde.

Ces déplacements de population représentent un phénomène global. L’Europe n’est pas épargnée. La crise récente des réfugiés, en grande partie Syriens, qui traversent la mer Méditerranée, au péril de leur vie, et prennent maintenant la route des Balkans, nous fait prendre conscience de l’urgence et de la nécessité d’agir.impose plus que jamais le devoir d’agir sans délais.

Il est de notre de devoir et de notre responsabilité, en premier lieu, de répondre à l’urgence humanitaire, en apportant protection et assistance aux populations réfugiées et aux demandeurs d’asile.

Je tiens à ce titre à saluer la générosité des pays d’accueil des réfugiés, au Moyen Orient, mais aussi en Afrique, qui reste l’un des continents les plus touchés par ce phénomène. Si nous n’aidons pas les pays d’origine et les pays d’accueil, alors cette situation déjà difficile ne sera bientôt plus maîtrisée.

L’Europe a pris la mesure du défi. Elle a apporté des premierspremières éléments de réponses lors des Conseils Justice et affaires intérieures des 20 juillet et 22 septembre, et du Conseil européen extraordinaire du 23 septembre dernier. Elle s’est engagée à répartir entre les Etats membres plus de 180 000 personnes en besoin de protection. La France prendra sa part de cet effort et accueillera plus de 30 000 personnes.

Face à la croissance exponentielle des besoins, nous devons collectivement renforcer nos efforts en faveur des acteurs humanitaires. La générosité des donateurs ne s’est pas démentie. Malgré cela, les organisations humanitaires, les agences des Nations unies, sont au bord de l’asphyxie financière. Les appels de fonds, et en particulier ceux du HCR, sont de moins en moins couverts. Pour l’Afrique seule, votre organisation fait face à une impasse financière de plusieurs dizaines de millions d’euros. C’est la raison pour laquelle le Président de la République a décidé d’augmenter la contribution de la France aux agences et programmes des Nations Unies. Comme il l’a annoncé lors de l’Assemblée générale des Nations unies, nous mobiliserons 100 millions d’euros supplémentaires pour les agences, notamment celles venant en aide aux réfugiés syriens.

Il nous faut aussi agir sur les causes profondes de ces déplacements forcés et trouver des solutions durables. Les personnes qui risquent leur vie sur les routes fuient la pauvreté mais surtout la barbarie de régimes ou de groupes armés qui se rendent coupables de graves violations et atteintes des droits de l’Homme. Je pense notamment à la Syrie. En martyrisant son peuple, en bombardant quotidiennement et de façon indiscriminée sa population en se rendant coupable de graves crimes de guerre, le régime syrien a jeté sur la route de l’exil des millions de Syriens. Seule une solution politique en Syrie peut mettre un terme à la crise et permettre le retour de la stabilité dans la région. Nous y travaillons avec nos partenaires et ne ménagerons aucun effort en ce sens.

Pour trouver des solutions durables, il nous faut travailler tous ensemble, pays d’origine, de transit et de destination, en étroit partenariat. C’est l’objectif des deux événements qui auront lieu prochainement, et dont la France salue l’organisation : d’une part, la conférence de haut-niveau sur la route des Balkans, qui doit avoir lieu en octobre ; d’autre part,, et le Sommet de La Valette organisé en novembre prochain, qui réunira l’UE et les partenaires africains, et établira un partenariat pour traiter notamment des crises structurelles des migrations.

Notre perspective doit aussi être celle du développement et donc du renforcement de nos politiques à cet égard, qui ont notamment pour objectif d’offrir aux populations les moyens de retourner et vivre chez elles dans la dignité.

Pour prévenir et mettre un terme à ces souffrances, il faut enfin mener une lutte résolue contre les réseaux de trafiquants, en partenariat avec les pays d’origine, de transit et de destination, et combattre l’exploitation des migrants par les passeurs, ou par les réseaux de traite des êtres humains. Nous avons des outils, au premier chef la Convention de Palerme contre la criminalité organisée et ses protocoles, dont celui contre le trafic illicite de migrants par terre, air et mer. Nous appelons à leur ratification par tous les Etats et à leur mise en œuvre effective.

Sur tous ces enjeux de l’action humanitaire, le premier Sommet Humanitaire Mondial, qui aura lieu à Istanbul en mai l’an prochain, offre une opportunité de trouver les moyens d’améliorer concrètement la réponse aux besoins des populations affectées dans les conflits, de rendre l’action humanitaire plus efficace, et d’améliorer son financement. La France est très mobilisée sur cette échéance majeure pour l’avenir du système humanitaire international.

Je vous remercie./.

publié le 16/02/2016

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