Intervention de la France au 67ème Comité exécutif du Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR)

JPEGUN Photo / Jean-Marc Ferré

Monsieur le Président,

La France s’associe à la déclaration de l’Union européenne.

Monsieur le Haut Commissaire,

Comme vous l’avez rappelé dans votre discours d’ouverture, les déplacements forcés continuent de prendre une ampleur dramatique, d’année en année. En 2016, plus de 65 millions de personnes dans le monde sont déracinées du fait de la violence, des persécutions, et de la multiplication des conflits.

Près de 5 millions de personnes ont fui la Syrie pour trouver refuge en Turquie, en Jordanie ou au Liban. 7 autres millions sont déplacés à l’intérieur de ses frontières.
Les déplacements massifs de population ne sont pas seulement une conséquence des crimes du régime syrien. Ces crimes visent et frappent en priorité les civils, les travailleurs humanitaires et les hôpitaux. Ils témoignent d’une volonté délibérée du régime de forcer la population civile à fuir pour consolider son emprise.

En Afrique, le HCR est pleinement mobilisé, sur un continent qui concentre encore le plus grand nombre de déplacements forcés, parfois dans l’indifférence. Comme vous, la France considère qu’une attention et une mobilisation accrues de la communauté internationale sont nécessaires pour répondre aux besoins urgents de milliers d’individus poussés sur les routes, du fait des violences, des conflits et des persécutions.

Je tiens à saluer la générosité et la solidarité des pays voisins de tous les pays en crise et des communautés hôtes, qui se retrouvent en première ligne face à cette crise majeure, dans des conditions souvent difficiles.

Aider ces pays est une exigence de solidarité qui s’impose à nous tous.
La France consacrera au total plus d’un milliard d’euros sur la période 2016-2018 en réponse à la crise syrienne, ainsi qu’en soutien aux pays voisins de la Syrie. Lors de la conférence de Londres, la France s’est engagée à mobiliser 200 millions d’euros sur 3 ans pour l’aide humanitaire d’urgence, l’éducation et la formation professionnelle, principalement au Liban. La France mettra également près d’un milliard de prêt à disposition de la Jordanie.

Elle a, par ailleurs, appuyé la création d’un nouveau fonds européen pour prévenir les migrations irrégulières et les déplacements forcés en Afrique, dans le cadre du processus de La Valette.

Nous devons également collectivement offrir des solutions nouvelles de réinstallation et d’accueil humanitaire pour alléger la charge qui pèse sur les pays voisins des zones de conflits, et fournir des voies légales et sûres pour les personnes qui ont besoin de protection.

Monsieur le Président,
Plusieurs réunions de haut-niveau, cette année, ont permis d’aborder collectivement la question des déplacements. La Déclaration de New York, qui réaffirme le caractère central de la Convention de 1951, est un point d’étape majeur vers l’élaboration de mesures plus concrètes pour traduire les engagements pris en actes. Dans cette perspective, la France se félicite de l’élaboration par le HCR, d’un Cadre de réponse globale pour les réfugiés, qui associera l’ensemble des parties prenantes et cherchera également à répondre aux besoins des communautés d’accueil.

Il incombe à la communauté internationale, en collaboration avec les agences Nations Unies, et avec le Haut-Commissariat aux Réfugiés, d’aider les pays frontaliers des zones de conflit à assurer cet accueil dans des conditions décentes. L’aide humanitaire d’urgence et l’aide au développement doivent jouer un rôle crucial en ce domaine, en permettant que soient soutenus non seulement les réfugiés mais aussi ceux qui les accueillent.

C’est tout le sens de la collaboration croissante du HCR avec le PNUD, notamment avec la mise en place des plans régionaux pour les réfugiés et pour la résilience. Au-delà de l’urgence humanitaire, le lien entre le travail des acteurs humanitaires et celui des acteurs du développement doit être encore plus renforcé.

Monsieur le Haut-Commissaire,
Je veux saluer ici le travail remarquable que vous menez et celui de vos équipes. Le personnel du HCR fait preuve d’un professionnalisme et d’un dévouement admirables malgré la dégradation de l’environnement sécuritaire et la complexité de nombreuses situations.

Pour assurer l’efficacité de votre action, il faut que l’espace humanitaire soit préservé. C’est là une priorité pour la France, qui ne cesse d’appeler à ce qu’un accès humanitaire sûr, immédiat, libre et sans entraves soit garanti à toutes les populations qui ont besoin d’aide.

Le cas de la Syrie démontre une fois de plus l’importance de cette question.
Nous nous félicitons de l’accent mis par le HCR sur l’innovation et l’expérimentation qui lui permettent d’accroitre son efficience. Je voudrais aussi rappeler le soutien de la France à votre approche « Age, Genre et Diversité » qui est un outil efficace en matière de protection et de prévention. Enfin, je voudrais saluer l’attention particulière que vous portez à l’éducation et la formation des jeunes. Soyez sûr dans tous ces domaines du soutien de la France.

Monsieur le Président,
Plus que jamais, il importe de réaffirmer notre détermination à poursuivre nos efforts dans l’esprit de responsabilité et de solidarité sur lequel ont été fondées les Nations Unies et que la France défend.

Je vous remercie./.

publié le 12/10/2016

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