L’objectif est d’éviter que la situation ne se dégrade

34ème session du Conseil des droits de l’homme

Dialogue interactif avec la Commission d’enquête internationale sur le Burundi

Intervention de la France - Lundi 13 mars 2017

La version prononcée fait foi.

Monsieur le Président,

La France s’associe à la déclaration de l’Union européenne et remercie les membres de la commission pour leur présentation.

La France reste particulièrement préoccupée par la persistance de violations des droits de l’Homme au Burundi, dans un climat d’impunité.

Malgré les récentes libérations d’opposants politiques, de très nombreux cas de détentions arbitraires, de disparitions forcées ou de recours à la torture, impliquant les forces de sécurité burundaises, continuent d’être recensés, tout comme des actes de violence politiquement ciblés de la part d’individus non identifiés, comme le souligne le Secrétaire général des Nations Unies dans son dernier rapport.
Les menaces et les restrictions à l’encontre de la société civile et des journalistes, dont la majorité d’entre eux ont été forcés de s’exiler, sont inacceptables.

Tous les auteurs de violations des droits de l’Homme, quels qu’ils soient, doivent en rendre compte devant la justice. La France réitère son appel aux autorités du Burundi d’engager sans tarder les procédures nécessaires à cette fin. La France appelle à cet égard les autorités à revenir sur leur décision de se retirer du Statut de Rome.

Le travail de la Commission d’enquête pour collecter des informations et des preuves est essentiel pour contribuer à la lutte contre l’impunité.

Notre objectif reste toujours le même : éviter que la situation au Burundi ne se dégrade plus encore, notamment sur le plan humanitaire.

La France réitère avec force que seul un dialogue politique apaisé entre tous les Burundais, fondé sur l’Accord d’Arusha, permettra au Burundi de retrouver durablement la paix. Elle demande à toutes les parties burundaises de s’engager sans plus tarder dans le processus de dialogue sous médiation régionale et de ne pas recourir à la violence. A cet égard, la France renouvelle tout son soutien à l’ancien Président B. Mkapa et à ses démarches de facilitation du dialogue, seule clé de résolution pacifique à la crise.

La France appelle aussi le Burundi à rétablir pleinement la coopération avec le Bureau du Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme à Bujumbura, afin de lui permettre d’exercer son mandat, ainsi qu’à faciliter le déploiement des observateurs de l’Union africaine.

Mesdames et messieurs les membres de la commission d’enquête, comment comptez-vous coopérer dans le cadre de votre mandat avec les mécanismes régionaux en matière de droits de l’Homme ?

Je vous remercie./.

publié le 15/03/2017

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