La SDN et sa fondation

La première guerre mondiale fut un traumatisme sans précédent pour les peuples et leurs gouvernements décidés à empêcher le retour de toute guerre dévastatrice. C’est l’un des objectifs principaux de la Conférence de Paris de 1918.

Le Président américain Woodrow Wilson, qui prononce en janvier 1918 devant le Congrès américain un discours détaillant en 14 points (les 14 points de Wilson) les mesures à prendre pour rétablir une paix durable, est nommé président de la commission chargée d’élaborer l’ensemble des règles qui permettraient d’établir une organisation ayant pour but de préserver la paix dans le monde grâce à la diplomatie et au consensus international. Quelques mois plus tard, le 29 avril 1929, 32 Etats signent le Traité de Versailles qui fonde la Société des Nations (SDN).

Genève, ville connue pour sa neutralité, est désignée comme siège de cette nouvelle organisation internationale. Son secrétariat s’installe dans un premier temps dans l’ancien Hotel National rebaptisé Palais Wilson. Les premières pierres du Palais des Nations, conçu pour accueillir la SDN, sont posées en 1929. Cinq architectes, Nénot et Lefèvre (Paris), Flegenheimer (Genève), Broggi (Rome) et Vágó (Budapest) en ont conçu les plans. La SDN n’intègre ses nouveaux locaux qu’en 1936, trois ans avant le début de la seconde guerre mondiale qui porte un coup fatal à l’organisation.

Les premières années d’existence de la Société des Nations furent cependant marquées de réels succès. Conformément aux dispositions du Pacte de la SDN, plusieurs différends internationaux – entre la Suède et la Finlande, ou encore entre la Grèce et la Bulgarie – furent réglés pacifiquement. Les Accords de Locarno, signés en octobre 1925, et qui marquèrent les débuts d’une réconciliation franco-allemande, furent confiés à la SdN. Conséquence directe, l’Allemagne, vaincue et exclue de la Société par le traité de Versailles de 1919, y fit son entrée en 1926. En 1929, le délégué de la France, Aristide Briand, lança à la tribune de l’Assemblée le tout premier projet politique d’Union fédérale européenne.

Néanmoins, en dépit des succès rencontrés à ses débuts, la Société des Nations ne parvint à empêcher ni l’invasion de la Mandchourie par le Japon, ni l’annexion de l’Ethiopie par l’Italie en 1936, ni celle de l’Autriche par Hitler en 1938. L’impuissance de la SdN à empêcher un nouveau conflit mondial, la désaffection d’une partie de ses Etats membres et le déroulement de la guerre elle-même, conduisirent à son agonie.

L’échec, politique, de la mission de sécurité collective de la SDN, ne doit cependant pas faire oublier un succès réel dans ce qui ne devait au départ être qu’un aspect secondaire de ses objectifs : la coopération technique.

Albert Cohen dans Belle du Seigneur brosse un portrait détaillé et cynique d’une SDN embourbée dans sa bureaucratie et entravée par des rivalités d’ordre personnel.

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Source : site de l’Office des Nations unies à Genève

publié le 09/07/2013

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