La travail décent : condition d’une croissance durable

329ème session du conseil d’administration de l’Organisation internationale du travail

Dialogue sur le travail décent dans le développement durable

20 mars 2017 - Ambassadeur Elisabeth Laurin, Représentant permanent de la France auprès des Nations unies à Genève et des autres organisations internationales en Suisse

La version prononcée fait foi.

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Monsieur le Directeur général
Mesdames et Messieurs les délégués,

La France s’associe à la déclaration de l’Union européenne et de ses Etats membres
La France tient à relever toute la pertinence de mettre à l’ordre du jour de de Conseil, le débat sur le travail décent dans le développement durable à ce conseil en perspective des débats qui auront lieu en juillet prochain lors du Forum politique de haut niveau (HLPF) sur l’objectif de développement durable 8.

La France est particulièrement attachée à l’organe inter-agences de coopération dans le domaine de la protection sociale, le SPIAC-B, coprésidé par l’OIT et la Banque Mondiale. Elle a soutenu sa création et continue de le soutenir activement à travers sa contribution volontaire au BIT. Grâce au partage d’informations et à la mutualisation des actions de coopération qui s’y exercent, cet outil contribue activement à la mise en place de socles de protection sociale pour tous.

La France a toujours soutenu une approche du développement durable la plus transversale et inclusive possible consistant à intégrer pleinement la dimension sociale dans l’Agenda 2030. Agir pour des sociétés plus justes, le plein emploi productif et un travail décent est la condition d’une croissance économique plus durable.

Lors de la préparation de la COP 21 conjointement avec le Pérou alors président de la COP 20, la France a lancé un appel en marge du Sommet du monde du travail en juin 2015 afin que soit pris en compte la dimension du travail décent dans le débat climatique. Cela s’est traduit par une référence au travail décent dans le préambule de l’Accord de Paris. L’Accord de Paris est entré en vigueur ; il nous appartient de prendre les mesures nécessaires pour sa réalisation pleine et entière.

Au niveau national, la France est attachée à une approche multi-partenariale dont les partenaires sociaux sont parties prenantes. La participation de tous est déterminante dans la mise en œuvre des objectifs de développement durable. Au plan international, la France soutient une approche partenariale et intégrée et plaide pour une coordination systématique des entités des Nations Unies et autres organisation internationales sur le terrain, sous l’égide du coordonnateur résident des Nations Unies dans chaque pays.

La France a rappelé l’importance du travail décent dans la présentation de sa revue nationale volontaire au HLPF en juillet 2016. Comme l’indique l’OIT, la transition écologique est susceptible de créer 60 millions d’emplois d’ici 2030 et la France dispose de réels atouts pour bénéficier des fruits de cette dynamique, accélérée par l’Accord de Paris. En 2014, la France comptait 1,1 million d’emplois dans les métiers de l’environnement et, grâce à la loi sur la transition énergétique, elle table sur la création de 100 000 emplois supplémentaires en 3 ans.

La formation et l’adaptation des compétences des salariés seront une des clés du succès de la transition énergétique et écologique : c’est un enjeu primordial. Enfin, je voudrais redire l’importance de l’équité au travail entre les femmes et les hommes et la nécessité de prendre des mesures pour réduire les écarts dans ce domaine. Les chiffres de l’OIT sont éloquents, puisqu’en 2015, l’écart des taux d’emploi entre les sexes s’élevait à 25,5 % au détriment des femmes, à peine mieux qu’en 1995, année de la Conférence de Pékin. Je voudrais saluer l’engagement de l’OIT et de son Directeur général sur les questions d’égalité femmes-hommes : la publication en 2016 de l’étude « Femmes et travail : tendances » a été une source d’information précieuse. Elle a contribué à alimenter le débat de haut niveau tenu la semaine dernière dans la cadre de la 61ème session de la commission de la condition de la femme, session portait sur l’autonomisation des femmes dans un monde du travail en pleine évolution.

Je vous remercie./.

publié le 21/03/2017

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