Recherche et développement en santé : comment répondre aux besoins des pays en développement ?

Les investissements de la R&D en santé proviennent essentiellement du secteur privé. On estime que 90% de ces investissements se concentrent sur seulement 10% des pathologies, dans le monde. Il existe donc un décalage important entre les besoins en santé des pays en développement et les efforts de R&D pour y répondre.
A peine 4% des nouveaux vaccins et médicaments autorisés au cours de la période 2000-2011 sont destinés au traitement des maladies dites « négligées ou de la pauvreté » qui touchent pourtant près de 1,4 milliards de personnes .

Pour répondre à ce défi, l’OMS entend mettre en œuvre une feuille de route pour stimuler la recherche-développement en santé dans les domaines aujourd’hui mal couverts. Celle-ci prévoit notamment la création d’un « observatoire de la R&D en santé » qui permettra de mieux recenser les besoins ainsi que le lancement de « projets pilotes » qui ont vocation à démontrer qu’il existe des solutions innovantes pour encourager la recherche sur ces maladies.

La France soutient, depuis toujours, le développement de mécanismes innovants capables d’accélérer la diffusion de la recherche, tels que les communautés de brevets, déjà mis en place à travers UNITAID, facilité internationale d’achats de produits de santé Les approches ouvertes à l’innovation qui permettent de dissocier le coût de la R&D des prix des produits sanitaires, de récompenser les avancées significatives dans la R&D en santé grâce à des « prix d’étapes », sont également prometteuses.

Historiquement engagée auprès du département de l’OMS chargé de la lutte contre les maladies tropicales négligées, la France dispose d’une expertise reconnue pour la recherche sur les maladies tropicales négligées, notamment à travers l’Institut Pasteur et l’Institut de Recherche pour le Développement.

La France soutient la feuille de route établie par l’OMS en vue de remédier aux lacunes de la R&D répondant aux besoins sanitaires des plus pauvres. C’est pourquoi, en 2013, la France a soutenu financièrement la création à l’OMS de l’observatoire de la R&D en santé et appuie la sélection de deux projets pilotes concernant la tuberculose multi résistante et la leishmaniose viscérale.

Naturellement, l’engagement des groupes pharmaceutiques, sera essentiel pour aboutir à des résultats concrets et au développement de nouveaux produits de santé.

publié le 05/02/2016

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