Réunion ministérielle de haut niveau sur l’emploi en santé et la croissance économique

Réunion ministérielle de haut niveau sur l’emploi en santé et la croissance économique

Genève, le 14 décembre 2016

Discours d’ouverture du Secrétaire d’Etat au Développement et à la Francophonie M. Le Guen

La version prononcée fait foi

PNGMonsieur le Ministre de la santé sud-africain,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Monsieur le Directeur Général adjoint de l’Organisation internationale du travail,

Mesdames, Messieurs,

Je suis heureux d’ouvrir cette réunion ministérielle de haut-niveau sur l’emploi en santé et la croissance économique et je tiens à remercier chaleureusement les co-organisateurs de cet événement.

Ce qui nous réunit aujourd’hui, c’est le partage d’un constat : le développement de l’emploi dans le secteur sanitaire répond au double impératif de santé publique internationale et de croissance économique.

Mais ce qui nous réunit plus encore, c’est notre engagement commun pour renforcer l’efficacité de nos systèmes de santé par des actions concrètes à l’échelle nationale et internationale.

C’est pourquoi je tiens à partager avec vous trois points qui me semblent essentiels pour le succès de nos travaux.

I- Je souhaite tout d’abord saluer les travaux de la Commission emploi en santé et croissance économique et rappeler le chemin parcouru jusqu’ici.

Vous le savez, en février dernier, le Secrétaire général des Nations unies créait la Commission emploi en santé et croissance économique. L’Afrique du Sud et la France ont eu l’honneur et la fierté de la co-présider. Je salue l’action décisive du ministre de la Santé sud-africain, le Dr Motsoaledi, ici présent et la vice-présidente de la Commission, Docteure Margaret Chan et les vice-présidents Messieurs Gurria et Ryder.

Des travaux féconds de la Commission est issu le rapport « S’engager pour la santé et la croissance - Investir dans les personnels de santé ». Il démontre avec force qu’investir dans les emplois du secteur sanitaire a non seulement un impact positif sur la santé des populations, mais favorise également une croissance plus inclusive et plus durable.

J’aimerais évoquer certaines recommandations formulées par ce rapport que la France promeut plus particulièrement.

En premier lieu, il est nécessaire de renouveler notre vision des systèmes de santé, en s’appuyant sur des ressources humaines mieux formées et en nombre suffisant.
En second lieu, il nous appartient de faire évoluer à la fois les modèles de soins et de formations pour tendre vers une médecine plus préventive et moins curative, davantage centrée sur les besoins des personnes.

En troisième lieu, l’investissement dans l’emploi en santé implique de développer des modes de financements innovants, au-delà de la seule voie budgétaire.

Enfin, il est essentiel d’accélérer la reconnaissance internationale des qualifications et la mise en place de mécanismes permettant une répartition plus équitable des bénéfices de la mobilité des personnels de santé, afin de ne pas fragiliser davantage les pays les moins avancés.

II- Le deuxième point que je souhaite souligner est l’importance de maintenir la mobilisation politique autour de l’enjeu des emplois en santé et de la croissance économique.

Cette mobilisation dépasse la seule sphère de la santé. Elle vise à porter le sujet au premier plan de nos agendas politiques. Le leadership de l’Organisation mondiale de la santé comme ceux du Bureau international du travail et de l’OCDE sont donc essentiel. Il faut accompagner et amplifier la dynamique issue de la création de la Commission.

C’est la raison pour laquelle la France a défendu, vous le savez, l’inclusion de la référence au rapport de la Commission emplois en santé et croissance économique dans la résolution Diplomatie et santé, qui devrait être adoptée demain à New York.
C’est aussi dans cet objectif que les Président Hollande et Zuma ont demandé au Secrétaire général Ban Ki Moon, le mois dernier, d’endosser formellement le rapport pour lui donner plus de poids et travailler avec l’ensemble du système des Nations Unies à sa mise en œuvre.

C’est enfin la raison pour laquelle nous nous réunissons aujourd’hui, afin de lancer l’élaboration inclusive du plan d’action de la Commission, avant son adoption par les organes directeurs des trois agences.

III- Enfin, je souhaiterais insister sur l’importance de mettre en œuvre dès aujourd’hui les recommandations, comme nous invitait à le faire le Ministre sud-africain.

La France s’engage déjà dans cette voie. A la fois par des réformes de santé au plan intérieur, mais aussi car la France apporte son soutien à l’Organisation mondiale de la santé dans son rôle de coordinateur du renforcement des systèmes de santé et de la sécurité sanitaire internationale. Nous avons par exemple décidé d’allouer 5 millions d’euros supplémentaires à l’OMS pour son programme pour l’urgence sanitaire.

La France contribue au renforcement des systèmes de santé dans les pays les plus fragiles. Dans le cadre de notre contribution au Fonds mondial de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose, nous allons augmenter notre contribution à l’assistance technique destinée à renforcer les systèmes de santé pour atteindre 25M€ par an, et ce dès 2017.

Enfin, nous allons poursuivre nos efforts avec nos partenaires africains pour renforcer la coopération hospitalière et la formation du personnel de santé. Notre politique de coopération donnera une priorité à la santé et bien évidemment aux soins de santé primaire.

Vous connaissez l’intérêt de la France à l’avenir de l’OMS et à la place de l’organisation dans le système de santé international.

***

Mesdames, Messieurs,

J’appelle chacun d’entre nous, ministres, directeurs d’organisations internationales et représentants de la société civile, à nous engager sans plus attendre en faveur de l’élaboration du plan d’action de mise en œuvre des dix recommandations de la commission.

Je vous remercie et vous souhaite à tous des échanges fructueux./

publié le 15/12/2016

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